


Téléchargez la lettre du président du 24 octobre 2023.
Bonne lecture à toutes et tous ! 🙂
L’île d’Ouessant, située à l’ouest de la pointe du Finistère, est une terre particulière. Paysage naturel battu par les vents, façonné par des générations d’ouessantins. Les hommes étaient en mer tandis que les femmes faisaient vivre la famille avec une mini-ferme.
L’agriculture a été quasi abandonnée dans les années 1970, et la nature a repris ses droits dans les zones cultivées. En effet, prunelliers, ajoncs, lierres, ronces et fougères envahissent peu à peu les murets et les lopins de terre agricole. La nature originelle est toujours existante, notamment sur tout le littoral qui représente en lui-même un écosystème original et très bien adapté à un climat rude, qui permet de voir souvent les quatre saisons sur une même journée !

Avec sa particularité et sa richesse, l’écosystème ouessantin accueille bon nombre de pollinisateurs sauvages, mais aussi une abeille mellifère, l’abeille noire, Apis mellifera mellifera.
Cette abeille, sans doute présente historiquement, avait disparu d’Ouessant. Et c’est grâce à la ténacité d’un ouessantin visionnaire, Georges Hellequin, qu’elle a été réintroduite en 1978.
G. Hellequin, voyant arriver l’acarien Varroa destructor sur le continent, a voulu préserver non seulement la génétique de l’abeille noire issue du Finistère mais aussi la santé de cette abeille, en la protégeant de cet acarien qui est à l’origine d’une bonne partie des mortalités des abeilles dans le monde. Aujourd’hui, hélas, l’abeille noire d’Ouessant n’est plus indemne de Varroa destructor : ce parasite est arrivé sur l’île sans doute courant 2020.
L’Abeille noire est l’abeille sociale mellifère indigène de l’ouest européen, très adaptée à son environnement car elle a co-évolué avec celui-ci depuis environ 15 000 ans. A Ouessant, les abeilles vivent dans un écosystème préservé de l’utilisation importante des pesticides, un écosystème hébergeant une biodiversité végétale riche, endémique et originale.
Cette abeille noire ouessantine, pure génétiquement, est une vraie pépite qu’il nous faut absolument préserver. L’association ACANB y mettra toutes ses forces en déclinant ces quatre mots clés :
CONSERVATION – INSULARITÉ
SENSIBILISATION – TRANSPARENCE
Les objectifs de conservation sont doubles. Il faut préserver la génétique de cette abeille noire d’Ouessant, tout en étudiant sa diversité afin de la préserver et d’assurer la biosécurité de ce territoire insulaire pour éviter toute intrusion de bio-agresseur exotique ( Aethina tumida…).
La particularité insulaire d’Ouessant est une force dont il faut se saisir et l’ACANB dont l’action a reposé essentiellement sur des apiculteurs continentaux -à juste titre puisque Ouessant n’avait aucune culture apicole- doit développer son action sur l’île avec les Ouessantins.
Aujourd’hui plus qu’il y a quarante ans, l’ACANB, qui a veillé à conserver une abeille noire pure génétiquement, constate qu’il lui est indispensable de faire le lien avec les questions environnementales, d’où son souhait de participer à la sensibilisation à celles-ci des 100 000 visiteurs qui parcourent Ouessant chaque année.
Tout cela doit se faire dans un souci de transparence. Gage de bon fonctionnement de notre association et donc de la réussite d’un programme ambitieux, cette transparence sera déclinée à tous les niveaux.
CONSERVATION
L’abeille noire est présente à Ouessant depuis quelques décennies. Les analyses effectuées en 2020 révèlent que nous possédons une souche d’abeilles noires génétiquement pure à 99%. Du fait de l’isolement insulaire, elle a été préservée de l’hybridation avec d’autres souches d’abeilles importées d’Italie, de Grèce, d’Europe centrale, etc. En raison de son patrimoine génétique, elle s’est adaptée à l’écosystème particulier d’Ouessant, au climat, en régulant le fonctionnement des colonies.
On peut opposer à cette situation celle du continent. Nombreux sont les endroits où l’abeille a subi un tel brassage génétique que la souche abeille noire n’existe pratiquement plus. Or beaucoup d’apiculteurs, amateurs et professionnels souhaitent renouer avec cette abeille parce qu’elle est rustique donc économe, nécessite peu d’interventions au rucher, et parce qu’elle est douce, quoi qu’on en dise. Il n’est pas besoin d’expliquer par ailleurs, l’intérêt qu’elle suscite auprès des scientifiques qui travaillent sur la biodiversité.
Notre rôle est de la préserver et de la conserver au plus proche de son état initial. Pour ce faire, nous mettons en œuvre les actions suivantes :
INSULARITÉ
Ouessant n’ayant pas de culture apicole, l’ACANB s’est développée, au décès de Georges Hellequin, grâce à quelques apiculteurs du continent. Aujourd’hui, tout en gardant l’appui de ces apiculteurs, l’Association souhaite renforcer son ouverture sur Ouessant et avec les Ouessantins en proposant diverses collaborations et une meilleure communication :
SENSIBILISATION
Veiller à la conservation de l’abeille noire induit une réflexion aux questions environnementales et, par ailleurs, Ouessant voit le passage d’environ 100 000 visiteurs chaque année. A partir de ces deux éléments, l’association a souhaité développer des actions de sensibilisation du public aux problèmes environnementaux à travers l’abeille noire d’Ouessant:
Une première action a eu lieu en septembre 2022 avec l’organisation d’une journée de l’abeille noire qui nous a permis d’échanger avec un large public.
TRANSPARENCE
L’ACANB, pendant trente ans, a assuré un bon suivi des colonies d’abeilles noires à Ouessant. Comme toute structure humaine, l’Association a traversé plusieurs crises. Il est primordial de retrouver des relations apaisées et de mettre en place des méthodes pour gérer positivement les désaccords. La transparence est un état d’esprit par le respect des personnes, des paroles données, par l’échange des informations, par l’écoute des avis et positions de chacun. Voici quelques outils qui ont été ou seront mis en place :
Enfin et pour conclure ce projet, l’ACANB a décidé, lors de son CA du 8 novembre 2020, de demander son adhésion à la FEdCAN (Fédération Européenne des Conservatoires de l’Abeille Noire) et de céder son titre de conservatoire à une nouvelle entité unique lorsque celle-ci sera mise en place sur l’archipel de Molène et l’île d’Ouessant.
Voici le texte de la délibération :
« Suite aux orientations décidées lors de son l’AG en octobre 2020, l’ACANB demande à adhérer à la FEdCAN. Notre association souhaite qu’à terme, il n’y ait qu’un seul conservatoire sur l’île d’Ouessant et l’archipel de Molène. Aussi, quand les circonstances le permettront, l’ACANB cédera-t-elle sa fonction conservatoire à la nouvelle structure qui sera constituée pour ce faire. »
Ainsi notre association deviendrait « l’Association pour la Conservation de l’Abeille Noire » ; elle mettrait en œuvre les orientations et les décisions du nouveau conservatoire unique dans l’esprit de son projet décliné ci-dessus.
Mise à jour du document,
validée à l’unanimité au CA du 14 mars 2022
Téléchargez la lettre du président du 26 mai 2023.
Bonne lecture à toutes et tous ! 🙂
Téléchargez la lettre du président du 18 janvier 2023.
Bonne lecture à toutes et tous ! 🙂
Téléchargez la lettre du président du 19 juillet 2022.
Bonne lecture à toutes et tous ! 🙂
Téléchargez la lettre du président du 1er avril 2022.
Bonne lecture à toutes et tous ! 🙂
Téléchargez la lettre du président du 29 décembre 2021.
Bonne lecture à toutes et tous ! 🙂
Réalisée par Patrick PERES (administrateur de l’ACANB) sur son rucher de Gouesnac’h Sud Finistère le 26 avril 2021